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Provence-Alpes-Côte d'Azur

Signaux Faibles & Tendances Lourdes #1, La Blockchain

Signaux Faibles & Tendances Lourdes #1, La BlockchainSource: ARII-PACA

juin 2017

 

 

Le zoom de l’Observatoire de l’ARII-PACA
Numéro 1 – 1er juin 2017

Signaux Faibles & Tendances Lourdes


• Technologies de rupture

La BLOCKCHAIN

 

Evolution de l’intérêt pour la recherche du mot « blockchain » ces 5 dernières années. Source : Google Trends

Concepts et définitions

 

Listée comme une des tendances émergentes par le cabinet Deloitte et constamment citée comme porteuse d’un potentiel disruptif majeur, la blockchain est cependant parfois mal comprise et utilisée seulement comme un « buzzword » (ce qu’elle est assurément, comme l’atteste le graphique ci-dessus).

« Fondamentalement, une Blockchain est une base de données ( = une très grande feuille Excel) décentralisée (qui ne dépend pas d’un ordinateur en particulier) et inviolable, dont les utilisateurs contribuent au système en apportant de la puissance de calcul et/ou de la capacité de stockage. »
(Frenchweb.fr).

1 Milliard

C’est le montant estimé, en dollars, des investissements dans la blockchain en 2017 selon le cabinet Magister Advisors.

Jean-Paul Delahaye, mathématicien souvent cité sur le sujet, compare la Blockchain à
« un très grand cahier, que librement et gratuitement, tout le monde puisse lire, sur lequel tout le monde puisse écrire, mais qui soit impossible à effacer et indestructible ».

Source de l’image : Blockchain France

Au-delà de cette définition de base, la Blockchain peut servir à sécuriser des transactions ou de développer des « smartcontracts », qui stockent exécutent des contrats (par exemple un paiement automatique à la livraison d’un marchandise).

Tendances actuelles

 

Pour l’instant, on a surtout vu la blockchain à l’œuvre dans le secteur financier, en particulier avec l’émergence de monnaies électroniques telles que le bitcoin. Mais les applications commencent déjà à se multiplier. Ainsi, elle est utilisée pour :
Enfin, en ce qu’elle facilite la constitution et la qualification de bases de données, elle apparaît être un partenaire indispensable de la généralisation de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Les applications seraient nombreuses et on peut citer l’expérience de psychologue robotisé en ligne de Microsoft.

Les opportunités et les risques

Pour Claire Balva, de Blockchain France, la montée en puissance de cette technologie s’accompagnera de l’émergence de nouveaux métiers :
  • Les « auditeurs de code » en charge de vérifier que le code correspond bien au contrat.
  • Les « oracles » en charge de puiser des données pour alimenter les « smartcontrats » : par exemple des données météorologiques pour une assurance sécheresse d’un agriculteur.

De façon plus globale, la désintermédiation des échanges permise par la Blockchain est potentiellement porteuse de bouleversements sociétaux, favorisant l’émergence de solutions d’économie collaborative et de nouveaux modes de gouvernance.

Dans sa publication « Blockchain, entre risque et innovation, trouver le bon équilibre », le cabinet Wavestone liste au rang des risques :

  • L’importante quantité totale d’énergie que requiert son fonctionnement
  • Le temps de traitement des transactions
  • Les piratages, de la totalité du réseau ou d’un « smartcontract »
A cela on pourrait ajouter l’émergence de blockchains de type privé, dont la sécurité est incertaine. Enfin, l’exécution automatique des smartcontrats porte un risque de déshumanisation de l’économie, dont l’acceptabilité sociale est incertaine.

« Avec la blockchain, on assiste à la liquéfaction du monde physique et au glissement au numérique »
Patrick Waelbroeck, Sommet StartUp Challenges (13/04/2017).

En Provence-Alpes-Côte d’Azur

Par nature, le Pôle SCS s’intéresse à ces questions. Il n’est donc pas surprenant d’y retrouver un des acteurs les plus en vue de la blockchain française, la start-up Keeex. Basée à Marseille, cette entreprise propose des services qui permettent par exemple de certifier des photos ou la traçabilité de produits.
Notre territoire compte aussi des jeunes pousses travaillant sur les applications de la blockchain, comme Scity.coop, également membre du Pôle SCS et retenue l’an dernier par l’appel à projets GreenTechVerte du Ministère de l’Environnement. La start-up coopérative d’Antibes développe un service de co-voiturage en temps réel pour les trajets de courte distance.

L’avis de l’ARII

Edouard DULAU, chargé de mission OIR « Industrie du Futur »

« La Blockchain est destinée à être une technologie support de beaucoup des tendances déjà en fort développement, de l’internet des objets au financement participatif. Il est donc crucial de pouvoir compter sur des acteurs régionaux en capacité de la maîtriser. Avec l’objectif de stimuler les efforts sur ce sujet, nous avons lancé, en partenariat avec les CCI et les pôles de compétitivité, un référencement des « offreurs de solutions technologiques » régionaux. Ce panel d’entreprises sera accompagné par l’ARII dans leur promotion à l’international et dans des rencontres avec des donneurs d’ordres. »

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